
Sherbrooke, le 3 juin 2026 – Le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE) appuie le plaidoyer du Centre d’écologie urbaine visant à faire de la déminéralisation et du verdissement des milieux de vie une priorité au Québec.
En Estrie, les impacts des changements climatiques se font déjà sentir : augmentation des épisodes de chaleur extrême, pression sur les infrastructures municipales, perte de biodiversité, enjeux liés à la gestion des eaux pluviales, mauvaise qualité de l’air et nous en passons. Face à ces défis, la transformation des surfaces asphaltées en espaces verts constitue une solution concrète, accessible et porteuse pour de nombreux bénéfices pour la communauté estrienne.
À travers plusieurs projets réalisés dans la région, notamment dans le cadre du programme Sous les pavés, le CREE a pu constater les retombées positives de la déminéralisation participative, dont les bénéfices continueront de croître au fil des années. Ces projets contribuent à réduire les îlots de chaleur, améliorer la gestion des eaux de pluie, verdir les milieux de vie et augmenter la biodiversité, tout en créant des espaces plus conviviaux, rassembleurs et sécuritaires pour les citoyennes et citoyens. Ils favorisent également l’appropriation des lieux, la participation citoyenne et le sentiment d’appartenance aux communautés.
Il est urgent d’agir. Les arbres et les aménagements écologiques prennent plusieurs années avant d’atteindre leur plein potentiel en matière de canopée, de fraîcheur, de captation des eaux pluviales et de soutien à la biodiversité. Chaque année sans action représente une occasion perdue de préparer nos milieux de vie aux réalités climatiques futures.
Au-delà de la déminéralisation des surfaces déjà existantes, il est également nécessaire de revoir les pratiques et les normes qui continuent de privilégier l’asphalte comme solution par défaut. La culture de l’asphalte montre aujourd’hui ses limites, car elle répond difficilement aux besoins actuels des communautés en matière de santé, de confort, de sécurité et de qualité de vie. En faisant évoluer la réglementation, les standards d’aménagement et les pratiques de planification, il devient possible de réduire à la source la production de nouvelles surfaces minéralisées et de favoriser des choix plus cohérents avec les objectifs climatiques et sociaux. Ce changement de culture est essentiel pour permettre des décisions plus alignées avec le bien-être des populations et la résilience des territoires.
Pour le CREE, il est essentiel que le gouvernement du Québec, les municipalités et les MRC de l’Estrie reconnaissent pleinement la déminéralisation comme une mesure structurante d’adaptation aux changements climatiques et soutiennent davantage les municipalités, les écoles, les organismes et les communautés qui souhaitent passer à l’action.
Le verdissement ne doit plus être considéré comme un simple embellissement, mais comme une infrastructure essentielle à la santé, à la résilience et à la qualité de vie de nos collectivités.
Renseignements
Justine Roy
Chargée de projets au Conseil régional de l’environnement de l’Estrie